Quand on regarde le carnet d’entretien de la Bulldog, on trouve à son dos une adresse mystérieure : Belgarda, Gerno de Lesmo, Ialia….Italia, Italia, mais moi, j’ai acheté une Yamaha, et Yamaha, c’est « made in Japan » !




 Et bien non, ma Bulldog, elle vient d’Italie,
fabriquée par Yamaha Motor Italia plus connue
sous le nom de Belgarda.Belgarda, c’est
comme Sonauto en France,
un importateur dynamique qui distribue les
motos Yamaha mais aussi les orgues et pianos
au diapason et qui baigne dans la compétition
depuis plus de 40 ans.








Déjà, quand vous êtes italien et que vous vivez dans la province de Monza, vous êtes obligatoirement un dingue de moto. Dans un rayon de 50 km, Vous allez trouver Panigale, usine Ducati, MV Agusta, Aprilia, Benelli et des dizaines d’artisans qui ne vivent que pour la moto.
Çà pense moto, çà bouffe moto, çà dort moto, bref, çà ne vit que pour la moto !!!
Des fous furieux, je vous dis.

 Si à çà vous rajoutez que de Agostini à Rossi en passant par Biaggi et tant d’autres, ce pays fabrique des champions à la chaine depuis un moment et vous aurez tout compris !

Si l’on peut dire que la F1 est anglaise, que les voiliers de courses sont français, les motos de compétitions sont italiennes et seul Honda peut me démentir !
 Belgarda abrite d’ailleurs depuis des années la base européenne du service course de Yamaha aussi bien en GP qu’en Superbike ( même après le retrait officiel ) et en endurance.

Les M1, les R1 R, tout çà est préparé à
Belgarda.
















Cà leur donne quelques bases pour se dire que quand Belgarda parle motos, ils en connaissent un rayon. Mais vous allez me dire, oui mais la Bull dans tout çà ?

J’y viens ! Belgarda comme Sonauto a su conquérir la confiance de Yamaha Japon et cette confiance a permis à Belgarda de prendre une certaine autonomie.

Et quand on est italien et que l’on bosse à Monza, ce qu’on veut, ce qu’on veut par-dessus tout, c’est construire ses propres motos !


























Belgarda a toujours collé à l’actualité, le succès des trails,
ils l’ont précédé avec ce modèle de 600 XT E revu et corrigé
par leurs soins :
Echappement Alu, plastiques renforcés et suspensions améliorées,
 son seul défaut, c’était le réservoir de 12 l qui a du en faire
pousser plus d’un entre 2 stations service… !












Mais la Bulldog , elle fait quoi dans tout çà ? On y vient.

Bon, çà va pas plaire à tout le monde mais le moteur de la bestiole dont vous êtes fans est né en 1981 !
Hé,oui, vous roulez sur une grand-mère. Entre les TR 750, les 1000, les Virago, les 1100, les Dragstar, il a été mis à toutes les sauces, revu, corrigé, modifié mais çà reste un ancêtre !

Un autre jour, on vous racontera l’historique de tout çà mais là n’est pas le propos.

Revenons à Belgarda. Impossible de connaître les motivations réelles qui ont poussé à lancer ce gros roadster mais le résultat est à la hauteur de nos attentes.
Yamaha a fourni l’ensemble propulsion, les carbus et l’allumage.
Et Belgarda applique sa méthode à savoir, piocher dans le stock Yamaha les pièces complémentaire : Fourche de XJR (quel dommage de ne pas avoir choisi celle de la R1), cardan de la XJ 900 et freins de R1, bras oscillant et amortisseur de XJ.





















Ah oui, j’ai oublié, Belgarda voulait vendre la Bull dans toute l’Europe, et donc tenir toutes les normes anti pollution…
 Et donc voici l’AIS, l’accessoire qui vient gâcher une partie du plaisir !

Tout çà, c’est bien sympa mais pourquoi la Bull n’a pas rencontré le succès escompté ?
Très simple, d’abord le prix, 60 000 FF, soit 9 000 €, çà fait cher, presque le prix d’une XJR 1 300 de l'époque quand même et surtout une image massacrée par la presse en raison d’une puissance dite anémique !

Les cons, ils n’ont pas compris !

Le couple, la maniabilité, le look d’enfer, tout çà n’a pas suffit, les ventes ne seront jamais à la hauteur des espérances. Impossible de connaître le chiffre exact des Bulldog vendues en Europe, sans doute moins de 30 000 unités en 6 années de production et d’après une source privée de chez Sonauto, 7000 motos vendues en France ( quand même ! ).

La suite, vous la connaissez, c’est vous qui la fabriquez tous les jours !
La prochaine fois, si vous êtes sages, on verra les Cafés Racer sur la base de Bulldog, Dragstar et autres Virago !

Black Magic janvier 2013©

Bon, je ne suis pas l’historien de Belgarda mais tout à commencé en 92 avec çà .

Enfin, là,  vous voyez le dernier modèle, produit en 2002 mais tous les gamins italiens ont rêvé de rouler sur un tel brélon. Et un dénommé Rossi s’est un peu usé les genoux là-dessus.

Un moteur 125 issu de l’YZ de cross, des équipements piochés dans la réserve de pièces de Yamaha, un châssis Deltabox et des accessoires classieux et voici une des meilleures ventes de 125 en Italie.


A çà, Belgarda ajoute une ligne d’échappement fournie par Lanfranconi, artisans spécialisé dans le pot « custom » et voilà un joli puzzle à remonter.
Vous allez me dire, ouais, bof, fastoche !
Oui, sauf que vous avez sans doute remarqué que votre Bull préférée tenait la route plus que bien !
Et çà, c’est grâce à un cadre double treillis hyper efficace et conçu par qui : par Belgarda bien sur !

Et là, ils sont forts les gars, gavés à l’école de la course, ils maitrisent parfaitement leur sujet.
Personne ne viendra me contredire, une Bull, çà tient le parquet !
Une selle et un réservoir, quelques accessoires « maison », les caches, les plastiques et une finition bien au dessus de la moyenne et voilà en 2002, La Bulldog arrive sur le marché.